Où ou avec?

Où t’habites? Bonne question. Sur Facebook? Sur Twitter? Sur ton blog? Dans le X arrondissement de Y…? Avec Mr Orange ou Miss Pink?

Les nouveaux médias ont accompagné voir signifié une évolution forte des modes de vie. On se loge sur la toile de manière évolutive et démultipliée, spontanée et collective. Les lieux se font au gré des gens et des occasions de rencontre qui les dessinent. Cette façon de fonctionner se retrouve dans la vie réelle.

Le concept de logement a évolué de manière importante. Les vies professionnelles se sont fragmentées et dispersées sur toute la planète. Untel rêve de travailler au Mexique, Unetelle a son « bateau pour l’Australie », un couple va travailler quelques années à Londres avant de s’installer dans le sud… Bref, le logement n’a plus exactement l’identité qu’on veut lui donner. Ou c’est l’intérieur qui prime.

En fait, aujourd’hui, peu importe où l’on se loge (enfin à condition qu’on le puisse évidemment…), l’important c’est avec qui on habite. Génération X et Y sont des générations coloc. Pas que pour le budget mais aussi pour la dynamique sociale. Le mode de logement s’enrichit et devient donc une philosophie, un art de vivre. On voit même apparaitre les colocations solidaires, qui mêlent seniors et jeunes.

La part de l’ autre s’identifie dans d’autres signaux. Des flash mob aux nouveaux lieu décrétés de rencontre comme le Canal saint Martin. La géographie urbaine se recompose au gré des aspirations des nouvelles générations qui transforme un lieu en place publique, en restaurant ou bar plus ou moins éphémère…

C’est la marque de cette génération quantique: à la fois partout et nulle part. Le lieu en lui-même importe relativement peu. C’est la trajectoire et l’architecture des particules qui compte. Le réseau et l’écosystème.
S’agrégeant et se désagrégeant au gré des rencontres, des aspirations, des opportunités, des tendances et des humeurs. Une ruche bourdonne, de travail (un peu), de loisirs et de partage (surtout). Elle se niche de manière évolutive dans les replis de la ville. C’est une nouvelle forme de pollenisation en plein centre… Le signe d’une forme de nomadisme tribal au coeur des villes…

(Crédit photo: Flickr – Tangui)

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