Le « Désordre Affectif Saisonnier » tourneboule l’été

C’est l’été sur Paris et les rues sont bien tristes. D’Oberkampf aux Champs, de la Gare de Lyon à Montparnasse, on ne sait plus si c’est le froid ou la Coupe du Monde qui coupent le sifflet à la fête de la musique.

Un chanteur, par hasard au coin d’une rue. Un groupe de potes, heureusement, dans un bar à moitié vide. Une pizzéria qui a décidé de faire fuir tous ses clients en mettant côté rue ses enceintes à fond sur Umberto Tozzi.

Finalement, Nagui devrait être décoré de mettre un peu de chaleur sur France Télévision. Le service public, por favor !

La très sérieuse Université de Georgetown a il y a près de 20 ans parlé d’un syndrome dont semblent touchés les Français. Pas les 23 zozos en vacances en Afrique du Sud, non. Tous les autres.

Le Professeur Norman E. Rosenthal parlait de « Désordre Affectif Saisonnier ». En clair, le changement de température (et donc de mode de vie) est pour certains de nos compatriotes une vraie sinécure. A tel point que le corps entier souffre de jours trop court, ce qui conduit à un état de bougonnement des plus terribles. Tout est à cause d’un taux de mélatonine. Cette hormone « produite par la glande pinéale (également appelée épiphyse). La sécrétion de mélatonine est inhibée durant le jour et stimulée durant la nuit, le maximum étant atteint entre 2 h et 5 h du matin, d’où ses autres noms : hormone du sommeil ou hormone de l’obscurité. Par l’intermédiaire de la mélatonine, l’épiphyse informe le cerveau sur les durées relatives des heures d’obscurité et d’éclairage sur une période de 24 h (cycle journalier), mais aussi pendant toute l’année (cycle saisonnier)« .

En clair, image étonnante pour tous les poètes de comptoir, certains individus vivent dans le crépuscule plus souvent que d’autres. Ce qui change le rapport à soi, aux autres, à son environnement.

Rendez-nous le soleil, mille sabords.

Durkheim énonçait très tôt que le suicide avait un pic fin juin. Dû à une donnée sociologique à l’époque, le changement de rythme agricole. A croire qu’on se suicide bien moins en vacances, si on croit les derniers travaux. Pourtant on a guère plus de parcelles de champs sur lesquels s’esquinter.

IAM chantait il y a quelques années qu’il « pleut sur ma ville, des flocons d’héroïne« . Durkheim démontrait qu’on se tuait moins lors des grands messes collectifs. Donnez-nous du chant, des jeux et de la pelouse garnie de canettes de bière. L’aseptisation de nos mœurs conduit à un isolement. Et l’isolement à la mort.

Donnez-nous du soleil, des djembés et des chanteurs de cocagne.

Qu’on soit sales, mais heureux et suants.

2 Comments

  1. VQ:

    oui tu veux aller à solidays au soleil quoi

  2. tu as Free, tu as tout compris

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