D’aucunes ayant l’esprit mal tourné me dirait aussitôt : « alors, ça y est, tu t’es trouvé un Plan Q régulier ? » Comprendre un homme / femme volontaire pour donner son corps sur une durée plutôt déterminée pour toujours, toujours plus de plaisir.
Ou pas.
PQR, trois lettres pour ma passion du moment, ma vie, mon avenir… enfin, ne nous emballons pas. L’avenir des deux mois à venir, surtout.
Presse Quotidienne Régionale, donc. Dans une institution : OF.
Oui, parce qu’alors, qu’est-ce qu’ils aiment les abbréviations, les mecs, c’est fou. Non content d’aller au boulot en tongues, de prendre l’apéro dans leurs bateaux et d’être bronzés comme le cuir en mai. Non content, disais-je, d’être bretons, ils sont fana de mots raccourcis. Ouest-France = OF. Le DOF ? Dimanche Ouest-France, bien sûr !
J’avoue j’ai pas encore tout retenu. Ca viendra.
PQR, PQR, PQR…
C’est beau ici, le rapport des gens avec « leur » journal. On écrit pour eux. Vraiment. Pas comme dans la presse nationale. Ici, en très local, le président est du département, le maire est ton voisin, le boulanger est correspondant de presse…
Les gens arrivent à la rédac, pop pop pop. Ils montent te voir et te disent gentillement que t’as écrit de la merde dans ton article.
Les gens montent et pop pop pop : « oui, alors je fais partie de l’association X et donc il faut faire un article pour dire qu’on va faire ça, ça et ça ». Alors toi, journaliste, tu formules ta question. Enfin tu commences à essayer de la formuler. Et là : « Bon, donc, vous écrivez : l’association X se réunit tel jour à tel heure pour décider de… » ** le journaliste tente de dire qu’il sait faire son boulot*** « oui, mais bon, moi je sais mieux, donc on peut écrire que ‘ les gens qui veulent se réunir ou non, tiens plutôt on pourrait mettre » *** soupir***
Il y a ceux qui sont ravis de vous voir : « tiens, Ouest-France est là, on peut commencer ».
Il y a ceux qui disent « nan, nan, je veux pas être sur la photo. Nan, parce que tout le monde va lire votre article ».
Il y a ceux qui dégonglent vos pneus. Parce que votre voiture est siglée Ouest France ?
Il y a ces fabuleuses photos en rang d’oignons. « Bon bah là on les a tous réunis, bien rangés ensemble, pour que vous puissiez prendre la photo, hein » Arg.
Ceux qui sont en « une » locale. Puisqu’OF vend ses journaux dans des aires bien précises, le bandeau sur la droite change, selon l’endroit où vous êtes. Pas pour ceux qui vous lisent. Pour eux, ils étaient en « Une » du Journal.
Raaaaah je sais, je suis trop sentimentale, mais j’aime bien, en fait, la proximité.
Ah oui, au fait : il fait beau, en Bretagne. Je vous juuure.


2 Comments
Magique PQR… poussiéreuse et en même temps si humaine. Mauvaise et en même temps si noble, au fond. #nostalgie.
Seule chose à éviter à tout prix: le reportage sur la SPA du coin. Pire souvenir journalistique de ma (courte) vie.
Ah le reportage en SPA… pas mal, l’idée, je note.
Dans le registre : « ah tiens, je l’ai oublié celui-là » : les personnes âgées en maison de retraite,
les gens dans les hôpitaux, les afghans de Calais qui ont migré à Angers, les Chinois qui se révoltent à Paris… La réponse, c’est : « ah bah oui, mais ça fait pas très « été » ton sujet, là, coco ».
Tu vas me dire, les afghans d’Angers, en local à Concarneau…
^^
m’enfin.