Des héros très discrets

La valeur est quelque chose de fascinant en marketing et en économie: à la fois absolue (c’est le concept central) et relative (sa nature varie suivant les époques et  les contextes). « Parce que je le vaux bien » Rappelons nous ce slogan L’Oréal, maintes fois répété et parodié. A quoi faisait il référence? A des tops models successfull, héritiers des Feux de l’Amour, placés en haut de la nouvelle Olympe médiatique et culturelle, inaccessible. C’était les nineties, une époque à la fois de libération des pulsions, et également de recherches de repères transnationaux (donc très très haut), mondialisation oblige.

Aujourd’hui, la roue a tourné. Le fake se vend mal. Bernard Madoff est passé par là. Nicolas Sarkozy parle de moralisation du capitalisme. François Bayrou a construit sa « presque réussite » de 2007 sur « un nouvel humanisme ». Retour à l’essentiel donc. Si le modèle de société peine à émerger, des expérimentations sociales et économiques se font jour… tous les jours. La base? Un peu de vérité humaine…
On le voit avec la pub Mad Do, qui ne vend ni une proposition commerciale, ni même une démarche de la marque, mais des instantanés du quotidien, à la fois dérisoires et profonds, sincères jusque dans leur jeux (de dupes) sociaux. Faut il voir un nouveau paradigme publicitaire?
Les boys and girls next door sont à la page depuis que les superhéros déçoivent par leur hyper présence et leur non fiabilité. GIllette est une des plus belles jurisprudence en matière d’échec de l’ancienne école (celle de l’Olympe): en décembre dernier, Thierry Henry (pour cause de tricherie) puis Tiger Woods (pour cause d’adultère) sont descendus de leur piédestal. Aujourd’hui, c’est Roger Federer qui est en déchéance sportive.
Du coup, bac to basics. To simplicity. Oui mais quoi? Le quotidien regorge de choses intéressantes, d’exploits discrets mais pouvant accéder au mythe (à force d’accumulations?). Sommes nous à l’aube d’un nouveau champ de valeur, digne des héros de la résistance, mis en lumière à la fin de la guerre? L’ère des héros très discrèts?

2 Comments

  1. c’est vrai que l’homme de la rue peut devenir « aspirationnel » cf : The Kooples

    Néanmoins, peut-être est-ce dû à un phénomène de long-tail : survivent des icônes WW comme Lady Gaga ou le Dalaï Lama, et puis dans la longue traîne apparaissent des nouveaux influenceurs..?

  2. C’est vrai qu’Internet permet d’avoir une multiplicité de héros, « Olympiques » (version succube) pour Lady Gaga et… plus discrets comme Dee-Dee ou… Sukie :-D Mais, je pense que l’aspirationnel est aussi à une réappropriation de sa vie et de ses échanges, d’où le besoin de modèles dans le quotidien (un peu comme Friends pour les urbains des 90es dans les relations sociales, mais maintenant à l’échelle de la société toute entière). De l’essence pour un nouveau contrat social, en quelque sorte…(plus que pour The Kooples, par contre, parce que là, c’est plutot dans de la pure posture…sans ambition)

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