Cher Youri (Djorkaeff)

Je t’aimais bien, tu sais.
Bon, OK, tu n’es pas mort, mais on ne parle plus beaucoup de toi, hélas.
Même si, heureux hasard, à l’instant même où j’écris ce papier ton nom est cité à la radio, car notre cher Thierry Henry rejoint pour ses vieux jours le club New-Yorkais où tu as toi-même terminé ta carrière.
Je t’aimais bien, donc.
Je suis une fille, et va savoir pourquoi, mes années 90 ont été bercées par l’actualité footballistique. J’ai même fait foot au bac de sport, c’est te dire mon intérêt pour la chose. (J’ajouterai même en toute modestie que j’ai eu 16/20. Et ouais).

Je suis une fille, donc évidemment au-delà de tes prouesses techniques, indéniables (si si), et bien oui, je te trouvais assez sympa. Un peu timide, un peu solitaire, oui, charmant en fait. Oui bon ben ça va, je suis une fille, hein.
Peut-être aussi parce que ton père Jean, également ancien bleu, a des origines kalmoukes, peuple mongole de Russie.
Ou parce que ta femme n’est pas une bimbo blonde avec tout ce que cela entraine de conséquences malheureuses.
Ou parce que tu es né à Lyon, et qu’on y mange drôlement bien.

En plus, tu marquais souvent des buts, et des plutôt jolis. Oui, je m’en souviens. Il est même possible que j’ai quelque part un poster de toi… Mais chuuuuuut.

Tu fais partie de cette fameuse génération 98, tu as gagné tout ou presque avec Monaco, Paris, l’Inter, Kaiserslautern. On te surnommait le Snake, à cause de ton jeu et de tes frappes reptiliennes. C’est beau. En 2000, tu t’es un peu égaré : tu as sorti un single de house, Vivre dans ta Lumière. Bon, ça peut arriver à tout le monde de faire des erreurs : moi-même, j’ai fait des choses bien pires dans ma vie, tu sais. Aujourd’hui, tu es Président du club de ton enfance, l’UGA Décines, club de division d’honneur régionale dans la banlieue lyonnaise. Pour le reste, c’est un peu un mystère…

J’aurais pu consacrer cette chronique à Bernard Diomède, mais étrangement, il ne m’a pas beaucoup marquée, celui-là. Ceci dit, si tu as des nouvelles, je suis preneuse. Idem pour Stéphane Guivarc’h, qui parait-il, vend des piscines en Bretagne…

En attendant, si tu souhaites m’inviter à New-York, où tu habites toujours, n’hésite surtout pas. Je me ferai une joie de couchsurfer sur ton canap’.

Bisous.

4 Comments

  1. FreudMan:

    J’ai pu discuter avec M. Guivarch’ le jour de France-AfSud, et outre avoir prêté son nom (et un peu d’argent) pour vendre des piscines, il est aussi consultant pour Canal+ les soirs de ligue 1.
    Mais le plus honorable est d’être entraîneur du club de ses débuts, l’US Trégunc qu’il a déjà fait monter de deux divisions en deux ans… Un juste retour pour le football amateur dont beaucoup d’anciens devraient d’inspirer…

  2. Kiyomi Delzongle:

    Wahou, merci pour ces infos :-)
    Vive l’US Trégunc.

  3. Viper:

    « On te surnommait le Snake, à cause de ton jeu et de tes frappes reptiliennes »
    C’est des frappes au ras du sol :D ?

    Il me semble que c’est surtout parce qu’il se faufilait dans les défenses que lui vient ce surnom de « Snake ».

  4. Kiyomi Delzongle:

    A la relecture, je me dis en fait que je voulais mettre « ton jeu et tes frappes reptiliens », ce qui englobait donc le jeu…
    Pour ma défense, je dirais qu’une frappe reptilienne est une frappe sournoise et imprévisible…

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