En finir avec le cirque et le bucher

Dans la série bonnes résolutions, un fait vient me rappeler un enjeu d’époque (rien que ça): la mère Michel a jeté son chat. Bon on ne sait pas si elle s’appelle Michel (et on s’en fout…elle s’appelle Mary: vous voyez je vous avais dit qu’on s’en foutait). Elle est devenue la star involontaire et surtout négative d’Internet…
Bon,je ne vous referai pas le couplet sur la stupidité des caméras de surveillance: non seulement, cela coûte cher, cela a une efficacité très limitée, et c’est d’autant plus improductif, que cela supprime des effectifs qui sont nécessaires pour… regarder les caméras de surveillance. Sauf à se transformer tous en Big Brother… (enfin surtout little) pour remplacer les effectifs de police (sociologiquement, ce n’est pas impossible, mais cela a peu de chances de marcher à terme).

En tout cas, l’hypermédiatisation, qui se renforce avec ces caméras de surveillance, augmente surtout un phénomène de mise au pilori… inquiétant. Comme dit l’article Yahoo:

« Cette Britannique s’est étonnée ce mercredi 25 août de la violente campagne déclenchée contre elle sur Internet après la diffusion d’une vidéo la montrant en train de jeter un chat dans une poubelle. Mary B., une employée de banque de 45 ans, résidant à Coventry dans le centre de l’Angleterre, a expliqué qu’elle avait enfermé le chat « pour faire une blague » et ne comprenait pas « pourquoi cela faisait tant de bruit », interrogée par le tabloïde The Sun. « C’est juste un chat », se défend-elle.
Le chat, appelé Lola, est resté enfermé dans la poubelle en plastique pendant quelque 15 heures avant d’être retrouvée par ses propriétaires Darryl et Stephanie Mann qui avaient entendu ses miaulements. Ils ont découvert ce qui était arrivé à leur chat en visionnant la bande vidéo d’une caméra placée devant leur maison, et indignés, ont décidé de la diffuser Internet. La vidéo a déclenché une violente campagne sur le site de socialisation Facebook. Une page appelle à « la mort pour Mary B. » avec des commentaires venus de plusieurs pays, tandis qu’une autre page demandant que la Britannique soit « enfermée pour avoir jeté le chat Lola dans une poubelle » a attiré près de 4 000 fans. Elle fait également l’objet de menaces de la part de défenseurs des animaux.
 »
A croire qu’à ne pas savoir quoi faire de leur vie, les gens s’orientaient vers un lynchage subjectif d’un sujet désigné de manière impulsive et toute aussi partiale. Non que la défense des animaux soit quelque chose d’indéfendable, mais évidemment, les excès poussent à réflexion.
Cela ne parait pas nouveau, mais les possibilités offertes pas les TIC semblent revisiter les pratiques d’expérience par procuration et démultiplier leurs possibilités. Après la cage à hamster du Loft, voici le bucher inquisiteur 2.0.
Face à la généralisation et la banalisation de la dictature de l’émotion, un des enjeux citoyens de la rentrée est donc de ramener un peu de calme face aux frustrations du quotidien . Un barrage de tempérance face au déferlement du négatif. Un obstacle à la confluence du cirque médiatique et de son bucher des vanités.

(Crédit photo Une: Flickr – Laughing Squid)

1 Comment

  1. #news #opinion: En finir avec le cirque et le bucher http://tout-ca.com/2010/08/27/en-finir-avec-le-cirque-et-le-bucher/

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