Comme dirait Zizou en poussant sa tondeuse, « C’est la reprise ». (1)
Nous nous devions donc, pour repartir du bon pied, d’entamer la saison par un sujet qui passionne les foules.
L’économie.
Oui, désormais, cette chronique flirtera (parfois) avec la fine plume du journalisme économique et s’inspirera pour se faire de (feu) Jean-Marc Sylvestre.
Petit rappel pour ceux qui auraient malencontreusement oublié de lire les Echos pendant les vacances. Au cœur du mois d’août, tandis que d’aucuns se prélassaient sous le soleil de Berck-sur-mer, la nouvelle est tombée : ca y est, la Chine est désormais la deuxième économie mondiale derrière les Etats-Unis. Le Japon a donc été dépassé par son grand rival, inexorablement, alors que les économistes, toujours à la pointe de la prévision, tablaient plutôt sur un dépassement à l’horizon 2011-2012. On ne parle cependant ici que de rythme trimestriel, et non annuel. La croissance chinoise a ainsi atteint au second trimestre 10,3%, portant le PIB à 1336 milliards de dollars, contre 0,1% de croissance pour le Japon et un PIB trimestriel de 1288 milliards. Donc bon, sur le papier, y a pas photo, comme dirait l’autre.
Certes le Japon, économiquement, comme l’Europe et les Etats-Unis, patine, piétine, dévisse.
Politiquement, il est tout simplement incapable de se doter d’un gouvernement stable : les premiers ministres valsent, et même les démocrates, dont l’arrivée au pouvoir en 2009 avait suscité l’espoir d’un renouveau politique, après plus de 50 ans de gouvernements issus du parti conservateur libéral-démocrate, n’ont pas réussi à stabiliser la situation. Pour un peu, on se croirait en Belgique, dites donc.
Mais, comme l’on souligné certains observateurs, le Japon a tout de même toujours une petite longueur d’avance. Quelques éléments, un peu en vrac. D’un point de vue purement statistique d’abord : le PIB par habitant de la Chine est 10 fois moins élevé que celui du Japon. Rappelons que les Chinois sont 1,3 milliard, contre 127 millions de Japonais. Sans rentrer dans les détails, faut- il ensuite rappeler qu’un Chinois sur 4 est pauvre, que le pays compte quelque 700 millions de paysans, subissant l’urbanisation effrénée, les expropriations massives, vivant dans des conditions souvent misérables ? Au Japon, le chômage reste faible malgré la crise, à un taux d’environ 5%. Pour la Chine, peut-on vraiment croire le chiffre « officiel » de 4,2% donné par le Ministère du Travail chinois ? Et ne parlons pas des traditionnels droits de l’homme, la liberté de la presse, la censure, la répression politique, j’en passe et des meilleures… La Chine capitaliste d’aujourd’hui est-elle réellement une démocratie, un état de droit ? OK, la question est complexe et revient régulièrement dans la bouche de ceux qui contestent le fameux miracle chinois. Mais n’est-ce pas une interrogation essentielle ?
Comme souvent, les chiffres, qui se résument en fait au seul PIB, masquent une réalité que beaucoup, aveuglés par la machine à produire chinoise, refusent de voir.
A part ça, je viens d’apprendre que Laurent Romejko avait 46 ans. C’est dingue.
(1) L’image de cette publicité mythique pour Canal + datant d’ il y a bien 6 ou 7 ans m’est revenue comme un boomerang. Impossible hélas de mettre la main dessus sur quelque site que ce soit. Dommage.

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#news #opinion: Chroniques japonaises #21 : PIB mon amour http://tout-ca.com/2010/09/09/chroniques-japonaises-21-pib-mon-amour/
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