Tout humain se réduit à ses actes. Toute marque se résume à ces preuves. Toute histoire se raconte à ses faits marquants. Nicolas Sarkozy aurait aimé dérouler un programme de libéralisation rendu transparent par des effets de manche progressistes (Plan Marshall des banlieues, Haut commissariat d’Hirsch, Grenelle de l’environnement…) et une croissance financé par les crédits et la bourse (comme Tatcher et Reagan). Pas de chance : la crise des subprimes est passé par là, et les alibis progressistes se sont vite dégonflés au soleil…
Résultat : une obligation de modifier sa stratégie d’image.
Si on reprend les principales étapes la storyline, on a :
- Les vacances sur le yacht de Bolloré
- Bouclier fiscal
- « Plan Marshall » des banlieues
- La modification de la carte judiciaire
- La modification de la carte hospitalière
- La relation avec Carla Bruni.
- « Casse toi, Pauvre con »
- L’action contre la grippe A avec Bachelot
- La présence au G9 et G20: »J’essaye de sauver le monde au G20 pendant la crise des subprimes »
- Le plan pour sauver les banques
- Le ministère de l’identité nationale
- L’appel à la déchéance nationale pour certains fauteurs de trouble issus de l’immigration
- La volonté de faire payer les retraites aux classes populaires
…
On a donc en terme de résultats :
- La diminution des dépenses publiques (bon point pour son électorat)
- La réduction des services publics (mauvais point pour les populations rurales et les classes populaires)
- Des actions multiples dans des directions diversifiées aux résultats faibles (de la promotion du Rafale à la réforme du G20) voire polémique (le sauvetage des banques ou l’éviction ciblée des Roms)
En terme de personnalité et d’attitude :
- Un côté volontariste sur des sujets très différents… et avec des résultats faibles
- Une personnalité transgressive… et peu subtile (« Casse toi pauvre con » au différend européen sur la criminalisation des Roms)
En résumé : une volonté d’élever son statut autour d’une image « de dynamique permanente » à l’international… et « courageuse » en interne (la réforme des retraites).
Ce qui est intéressant, c’est de voir que dans une société hypermoderne, le rapport au réel se déforme à la mesure des médias. Face à un environnement qui est loin de donner raison à la vision du candidat Sarkozy, on essaye de reconstruire l’histoire en temps réel pour magnifier l’Histoire et le rôle du président. Ce n’est pas nouveau, mais le travail de réécriture est tel que les « hommes du Président » pourrait postuler aux Emmy Awards sans problème pour leur culot. Sarkozy a une personnalité telle qu’il vaut mieux essayer de faire coller la nature de l’environnement avec sa personnalité que le contraire. On fabrique la nécessité d’une réforme douloureuse avec un « cow boy – néo riche » de la république.
Certes, quelques orientations dans la com vers plus de rondeurs « personnalisation des discussions avec les personnages de reportages » (le Président les appelle par leurs prénoms, questionnent le ressenti, joue la connivence) « recherche de ton bonhomme et conciliant hors sortie polémique » « mise en avant de la personne et de son évolution ». Une manière de faire converger « l’homme tranquille » avec « l’homme d’action ».
Quand les actes ne sont plus là, reste l’attitude « celui qui a tenté ».
Qu’en sera-t-il en 2012 ? Ou en est la maturité du spectateur-citoyen?
- SI l’adhésion du public à la posture l’emporte, Sarkozy fédérera par son expérience, et galvaudera in fine les autres candidats.
- Si le regard se concentre sur les résultats et leurs conséquences, la nouveauté sera à l’ordre du jour pour modifier ce qui apparait comme la Présidence des riches, loin du « travailler plus ou gagner plus »…
(A suivre, donc…)

3 Comments
#news #opinion: Le cow boy (plus ou moins) fringuant http://tout-ca.com/2010/09/26/le-cow-boy-plus-ou-moins-fringuant/
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Le cow boy (plus ou moins) fringuant (Tout ça, le magazine qui touche à tous): Tout humain se réduit à ses actes. … http://bit.ly/bU3jSG
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cette chrono vaut de l’or, notamment pour la gauche en 2012 (tu cherches un job ou quoi Péri ?)