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La leçon de synchronisation d’Isla Delice
Pas facile d’insérer Dieu dans la communication de marque. Ou alors en clin d’oeil (à la Kookai ou François et Marité Girbaud). Pourtant, Isla Delice a réussi un très joli coup avec une campagne qui comportait bien des risques: communiquer intelligemment sur du Hallal pendant le Ramadan en impactant sans choquer…
Une image vaut mieux qu’un long discours…
Comme dit Isabelle Musnik, « Orchestrée par l’agence HEREZIE, JC Decaux et Primetime, cette campagne innovante, explique Andrea Stilacci, co-fondateur de l’agence, repose sur un ingénieux procédé de rétro-éclairage qui permet de reproduire le rite même du Ramadan. L’affiche visible le jour montrait une table vide, en respect du jeûne. Dès la tombée de la nuit, à la rupture du jeûne, elle laissait apparaître un repas typique préparé avec les produits de la marque. Les 8 affiches, qui étaient visibles du 11 au 25 août, à différents endroits de Paris (8 au total: Saint Lazare, Boulevard Montmartre…), ont reçu le week end dernier une mention dans la catégorie Out of the Box au 37 ème Grand Prix de la Communication Extérieure. »
Cette campagne est intéressante à double titre: d’abord, parce qu’elle montre que l’affichage peut être résolument dynamique. Cette notion dynamique est intéressante parce qu’elle s’accompagne d’une logique de changement. L’idée s’insinue ainsi que la communication peut aussi accompagner le changement et non l’annoncer sans le provoquer.
Ensuite parce que dans un environnement liquide, il prouve que la communication peut accompagner le rythmes des individus et venir les toucher en fonction de leur rythme. Outre le clin d’oeil, c’est une forme de connexion des publics musulmans qui est façonnée: à la fois dans l’enthousiasme de la fin quotidienne du jeune (c’est l’annonce du repas du soir et l’association à un moment de fête), mais aussi dans le respect de la non stimulation (je ne te montre pas ce que tu ne peux pas consommer tout de suite). Une leçon de synchronisation qui est loin d’être bête dans une époque qui cherche en permanence les moyens de se reconnecter avec elle-même.