Anonymat : un signe ostentatoire ?

Qu’a-t-on à gagner à disparaitre ?

Drôle de question a priori dans nos sociétés sur-connectées où l’avatar apparait comme nouvelle carte d’identité sur le web. Les centres d’intérêts définissent nos rencontres, même nos courses à pieds sont répercutées sur Facebook. L’anonymat s’est liquéfié dans ces nouvelles contraintes d’être visibles.

L’anonymat est en passe de devenir « anormal ». Dans une soirée, où l’on discute avec la Belle, s’échange-t-on son numéro ? Non, sans doute plutôt son Facebook, puis son MSN, puis un rencart. Comme si l’on donnait d’abord son passé et son écosystème avant de se rencontrer vraiment.

Peut-on derrière son PC naviguer ostensiblement d’un site à l’autre, bateau ivre sur les données fuyantes ? Non, nos écrans ont un code qu’il est bon de revendre et de tracker.

A ce titre, l’anonymat pur devient presque un site ostentatoire : acte militant d’aller contre le sens de l’économie. Acte mystérieux où plus on disparait plus on intéresse. On s’achetait autrefois un nom et une réputation; on pourrait bien spéculer demain sur la meilleure façon de disparaitre.

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