Vive Internet et les blogs: beaucoup de gens prennent la parole. Il n’y a pas si longtemps, la France était d’ailleurs à la première place de leur usage. Mais aujourd’hui, on assiste à une désaffection de l’expression sur les blogs. La liberté d’expression perdrait de la valeur?
Ou s’agit -il de la valeur de l’information.
Je vois ce que vous aller me dire. « Information is the power ». Bien. Vous avez bien révisé vos classiques… Laissez moi vous dire quelque chose: en démocratie, j’ai l’impression que l’information perd de son poids. L’information perd de sa valeur.
Moi, cynique?
Un premier ministre italien confond affaires personnelles et publiques? En quoi cela a t-il mis Berlusconi dehors? Un ministre français, trésorier d’un grand parti, a fait entré sa femme au service d’une milliardaire pour mieux récupérer des fonds? Comment cela se fait il qu’il soit encore en exercice, et le gouvernement de son parti avec? Le dernier président américain avoue l’usage de la torture sans reconnaitre que cela en est (il faut féliciter l’humour des politiques en forte hausse : à quand le Jamel Comedy Club). On attend toujours les poursuites sur G.W. Bush.
Qui parlait de cynisme?
Je vais prendre mon habit de philosophe.
On lit. On parle beaucoup. Mais est ce que cela change quelque chose?
Allo, la régie?Ah, j’interromps cette émission: on vient de me transférer une étude en direct.
« Il s’avérerait que les internautes lisent moins d’opinions différentes sur Internet. Au contraire, ils auraient tendance à lire des avis semblables pour confirmer leur opinion. »
Quand la dissonance surgit, la réaction tend plutôt à l’incrédulité « je ne veux pas le croire ».
Bon. Consommons, consommons… de l’information. Mais en rien ne changeons.
Dans l’info aussi, il y a aussi la société de consommation. Les lecteurs sont installés dans leur confort.
Et l’expression alors?
Seul l’infotainment nous en sort (un peu). Ainsi Yann Barthes, Infoman, Stéphane Guillon… amusent, interpellent…mais prêchent souvent les convaincus ou renforcent la distanciation moqueuse.
Du coup, l’info-citoyenne se mélange de plus en plus avec des happenings humoristiques: les collectifs « Jeudi Noir », Sauvons les riches », « Génération précaire », « la Barbe » en sont de bonnes expressions. L’investigation se mixe avec communication, à la Mediapart, OWNI et Wikileaks…
L’information aurait t-elle besoin d’action?
Si les publics ont besoin d’agir avec les marques, le rapport à l’information doit il prévoir plus d’interaction? Mieux: de passage à l’action.
« Rajoutez moi plus de commentaires, de sondages et de jeux », dit le rédacteur en chef dans l’oreillette.
Erreur. Ce serait nier la valeur de l’information dans la construction de la société.
Comme dans les dernières campagnes présidentielles US et française, les citoyens ont besoin de changement. De croire que grâce à l’information, ils peuvent faire bouger les choses.
C’est l’attrait d’un Mediapart au moment de la mise en cause d’Eric Woerth qui a créé un attrait en impliquant une modification du réel. C’est aussi le cas de Wikileaks qui crée l’émoi et casse le politiquement correct chez les officiels américains. Sans les manifestations, les échanges de twitter en Iran ou ailleurs n’auraient que peu d’impact.
Information et action, condamnés à être entremêlés au 21e siècle? Sans liberté d’expr’action, point de salut?

8 Comments
oh oh Monsieur Péristète, j’ai une étude qui devrait bientôt te faire très plaisir et voir que l’altérité de l’opinion est un truc en fait recherché
Altérité, altérité… est ce que j’ai une tête d’altérité?
très bon article:))
Moi je veux bien le lien pour ton étude qui dit qu’on ne lit que ce qui nous arrange. Parce qu’opinions divergentes ou pas, ce qu’on aime avant tout, c’est de l’info bien documentée.
Suffit de demander: http://www.numerama.com/magazine/16030-internet-va-t-il-renforcer-les-radicalites-d-opinion.html
Il convient aussi de distinguer des webcitizen actifs (minoritaires) du grand public… Très bon Arrêt sur images cette semaine sur les humoristes qui font du journalisme / de la politique (Jon Stewart, Glenn Beck (?)…) Emotion et réaction pour impliquer… Qui a parler de réflexion?
Merci pour le lien, l’étude est intéressante.
Ce qui est surprenant, c’est que d’un côté internet permet de développer (ou renforcer) des idées politiques très variées, voire iconoclastes, et de l’autre on a une bipolarisation progessive mais très forte de toutes les scènes politiques occidentales (démocrates contre républicains, UMP contre PS, et des miettes pour tous les autres). Ça évolue dans le sens inverse ! Et malheureusement une bonne partie des électeurs ne trouvent qu’une seule réponse : l’abstention. Donc pour répondre à ta question : de l’info, pour quoi faire ? En politique en tout cas : pas pour t’aider à voter.
Un constat bien dressé !
Ce n’est effectivement ni la qualité, ni la quantité de l’information qui provoqueront les changements nécessaires.
Qu’elle est la solution, on y travail non ?
N’oublions pas de sortir du net aussi car un bon café avec un(e) bon ami(e), équivaut parfois à tout l’influence du monde en termes de résultats.