Difficile de prendre le clavier après une semaine pareille, on se sent un peu tout petit. Alors pour clore cette semaine, j’ai décidé de me faire de nouveaux amis. Cracher dans sa propre soupe cela n’est pas très sympathique mais après tout, j’avale bien ma salive à longueur de journée.
Je m’adresse en premier lieu à ceux qui ne connaissent pas tous les méandres de la communication moderne. Après la publicité de masse, le marketing s’est rapproché de nous et de notre sphère relationnelle pour toucher davantage. Pour communiquer une idée ou une marque, il faut commencer par comprendre comment fonctionne la communication. Avec l’avènement des réseaux sociaux et des blogs, le marketing s’est adapté.
Par exemple, si j’arrive à analyser le comportement Facebookiens de mes contacts pour en décortiquer leur capacité de réception, je saurais mieux faire passer mes idées. Pour les diffuser il faut réfléchir à la cible et théoriser son fonctionnement. Un truc tout bête : l’heure et le jour du post. Si on souhaite communiquer au mieux, on évite la politique un samedi soir. Vous me direz, le dimanche matin ça peut être bien pour lire ce qui a été mis la veille. Oui mais si ceux que je veux cibler sont du genre à s’en mettre une bonne tous les samedis, je doute que ça va les brancher de lire des trucs un peu barbants et compliqués. Il ne s’agit pas de prendre les gens pour des cons mais ne pas oublier qu’ils le sont
, c’est comme dans la vie réelle, il y a des moments pour tout. C’est le genre de question à se poser lorsque l’on travaille dans le marketing. La beauté de la chose, c’est qu’il y en a plein d’autres à se poser des questions. Je dis beauté, car devant toute mécanique ingénieuse, je suis admiratif.
Le must (de ce que j’en sais), c’est la maîtrise de son influence. Voila ce qu’en dit Wikipédia :
L’ influence sociale ou la pression sociale est l’influence exercée par un groupe sur chacun de ses membres aboutissant à lui imposer ses normes dominantes en matière d’attitude et de comportement.
Les blogueurs d’aujourd’hui se doivent de l’être s’ils veulent avoir une utilité. Pour le devenir, c’est une affaire de technique : application de principes, utilisation d’outils pour surveiller et innovation. Je ne parle pas de tous les blogueurs, juste de ceux que je n’aime pas et qui sont aussi ceux dont on parle le plus. Se positionner au milieu d’un réseau c’est la clé de la réussite. Quand truc ou machin décide de poster une info sur le denier iPhone, si c’est positif tant mieux pour Apple et dans le cas contraire ça peut faire mal… Le boulot des agences de communication spécialisées dans le web est entre autre de savoir qui est influent alors elles pondent des cartes d’influence de ce style :

(source : http://www.toprankblog.com/)
Et tout plein d’autres jolies choses pour identifier les messieurs et mesdames météo du web. Les marques cherchent donc à savoir qui peut gonfler ou faire plonger leurs ventes. Il faut les surveiller pour réagir vite et inverser ou confirmer la tendance. C’est une machine aussi complexe que passionnante avec des petits génies aux commandes.
Il n’y a peut-être rien de mal à cela, après tout, c’est l’évolution naturelle de la publicité (vidéo explicative 3’31). Mais au détriment de quoi ?
Je me tourne alors vers vous les influents. Vous cherchez à vous donner une visibilité, devenir une identité et obtenir un certain pouvoir.Quelles qu’en soient les raisons (égo, argent, militantisme…) vous faites de l’ombre à tout le reste. La liberté d’expression est réelle sur Internet, on peut quasiment mettre ce que l’on veut. On peut poser un bouquin dans l’étagère du fond de la bibliothèque et espérer qu’un jour quelqu’un le trouvera. A la bibliothèque c’est le bibliothécaire qui référence TOUTE l’information et sur le net c’est Google et l’influence que son auteur a su générer. Le web contient une quantité folle d’information et son indexation algorithmée et influée va contre la liberté d’expression. [edit] Est-ce à cause de vous chers influents que malgré tant d’informations qui dénoncent les aberrations de ce monde, la révolution n’aura pas lieu ?

6 Comments
Bin non !
)
Si tu es influent, tu es donc lu par beaucoup de gens etque ces personnes recommandent la lecture de ton blog. En quoi est-ce atteindre à la liberté d’expression? Au contraire, l’influence vient du réseau lui-même…
Ou alors, je n’ai pas bien compris ce que tu veux dire ici !
mais donc, qui va faire ce travail de mise en lumière des pépites ?
Les biblio-influents ?
Bonjour Mr. Poireau et merci pour ta réaction.
Je ne suis pas sûr de bien comprendre ta phrase « l’influence vient du réseau lui-même », si tu pouvais préciser. Pour clarifier, il y a bien liberté d’expression mais si on étouffe des idées par de gros moyens tactique, ça ne sert plus à rien. Je reproche à ceux qui savent faire du bruit d’oublier de faire de la place aux autres, c’est une question d’humilité.
Mathieu : un influent n’est pas influent dans l’absolu et tout seul. Il est quelqu’un dans une communauté que les autres écoutent et dont l’avis peut servir de référence. Ce sont les autres qui lui attribuent une « valeur » d’influence. Ça suppose aussi que cet influent ne soit pas égoïste mais permette à d’autres que lui d’apparaitre dans la lumière…
Bref, c’est une histoire de réseau.
Ton article semble l’oublier et traite les influents comme s’ils vivaient seuls sur une ile numérique !
Bref…
En fait, je pense que Mathieu n’essaye pas de critiquer l’influence mais l’utilisation marketing qui en est faite, notamment via ce qu’on a appelé l’influence digitale.
Pour voir si cela est vraiment néfaste, il faudrait en fait analyser les conséquences de cette pratique sur le long terme. Mais penser le pouvoir de l’influence, c’est aussi penser le pouvoir des communautés et finalement des consommateurs, donc c’est aussi repenser un rapport marketing. Car je pense qu’on est foncièrement dans une mécanique de co-influence si on veut que celle-ci fonctionne bien et à long terme.
A voir sur ce sujet: la conférence de Seth Godin à Ted sur les communautés sur internet http://www.ted.com/talks/seth_godin_on_the_tribes_we_lead.html
@Tristan, Merci pour le complément. C’est effectivement une partie de ce que je veux faire passer comme idée.
@Monsieur Poireau : Tu dis ça :
« Ça suppose aussi que cet influent ne soit pas égoïste mais permette à d’autres que lui d’apparaitre dans la lumière… »
C’est bien tout le problème, encore une fois, il ne s’agit pas de faire de généralités. Mais à simplement comparer la personne qui n’a pas même un compte twitter et celui qui à 2000 followers, un des deux à une visibilité plus forte. Il est peut-être plus sociable, il a certainement plus envie de communiquer… Mais le résultat est que ceux qui n’ont pas cette facilité et qui s’exprime comme ils le peuvent ne sont plus écoutés.
Les gens qui maîtrisent la com’ sont les nouvelles voix du web et de l’opinion. Ce qui signifie qu’il n’y a qu’un certain type de pensé disponible sur le web.
D’une certaine manière, c’est la nouvelle architecture web qui veut ça mais il n’empêche que les plus influents ont le devoir de le prendre en compte et je n’ai pas l’impression que ce soit le cas.