Cher Père Noël (de Wikileaks, de sens, de clips)

Cher Papa Noël,

il est compliqué ces jours-ci d’être citoyens. D’un côté, on réclame à outrance de la transparence à tous les étages. Transparence des idées, transparence des gouvernements, transparence des tissus. Il y a même Wikileaks qui a diffusé 250 000 câbles diplomatiques, espérant une prise de conscience que les démocraties « du monde libre » étaient janusiennes.

Même Le Monde s’est couché devant cette volonté – sans objectif journalistique – de faire le buzz. C’est Sylvie Kauffman qui démontre une forme de schizophrénie en s’excusant de dire pardon de sortir eux aussi ces éléments : « Informer, cependant, n’interdit pas d’agir avec responsabilité. Transparence et discernement ne sont pas incompatibles – et c’est sans doute ce qui nous distingue de la stratégie de fond de WikiLeaks ».
On attend toujours de voir quels éléments nouveaux ou complémentaires aux investigations ont été apportés grâce à ces « révélations ». Disons-le tout de go : on ne supplée pas au problème de sens des journaux en mettant en place une démocratie de développeurs.

De l’autre côté, donc, se développe à mesure que l’on clame la transparence une forme d’opacité opiacée. Mécanismes de fuite, machinations, manipulation de flux et de données. A force de ne constater que le bleu des océans, on oublie que voir le fond n’implique pas nécessairement de comprendre les courants, les composants ou les dangers. A force de ne penser qu’en infographie, on oublie la dimension de sens qui nous fait défaut.

A un mois des 1 an de Tout Ca Magazine, seul média d’opinion vraiment indépendant et résolument subjectif (ces mots vont bientôt entrer dans le dictionnaire des mots dépossédés de signification) nous avons décidé de jeter l’encre cette semaine pour ne t’offrir que du clip. Oui, tu as bien lu, Papa Noël. Nous allons t’offrir plutôt des clips que des lettres. Sur les causes, les sujets, les découvertes qui ont fait sens pour nous ces dernières semaines. Avoue-le, tu en as marre des listes de course. Nous aussi.

1 Comment

  1. La grande faiblesse de Wikileaks est de croire que tous leurs lecteurs potentiels sont intelligents. Si on ne regarde que les grands journaux, leur reprise de ces informations manque de prise de recul et d’une valeur ajouré journalistique.
    Si des entreprise dont le métier est justement l’analyse et le discernement se plantent, il y a fort à parier que Wikileaks a perdu le pari de croire en une diffusion libre et constructive.

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