Etre seul, à plusieurs. Dépression.

« La dépression, mal du siècle ». C’était au XXème Siècle.

Se bourrer d’occupation, mal du XXIème.

Métro, checked. Les enfants, checked. Courir à l’envie, à en vomir, s’occuper de prendre les courses, la carte de l’association, revenir à la maison. Revenir à la maison. Y rester, allumer la télé, l’ordinateur, le paquet de cigarettes et les devoirs à superviser.

Ouvrir sa boite mail. Des newsletters par milliards, et pas que dans la boite SPAM. Un push, un poke, une réduction, c’est la foire à la sucion.

Une fenêtre de t’chat. La home de MSN en guise d’entracte. Des centaines de gens, oubliés les noms ; des surnoms qui sont devenus des prénoms, des prénoms qui sont devenus des couples, des couples qui sont devenus des familles.

Couper le son. Prendre un whisky, une clope sans tabac. S’enfermer là où la fumée ne passe pas.

Minuit, déjà. Les enfants qui dorment, les tétines clean, et les poings bien fermés. C’est Mickey sur la couette qui rappelle que Fantasio n’est pas qu’un opéra.

Prendre le bain. Mais finalement ne pas le prendre. Trop long, trop court, pas le temps pour les retours.

Rêver à ces milliers de vie, sur les magazines épars sur le sol humide. Un Libé qui donne une odeur particulière au T-Shirt pour dormir.

Oublier qu’on n’a parlé à personne depuis des heures. Depuis des heures hormis peut-être à un collègue qu’on aime bien, qu’on aime mieux.

« I haven’t seen him in months.
- So? He’s still callin’, ain’t he?
– I don’t know.look, I don’t know what else to do.It’s our last chance to get back on track! We won’t have to make  the freezing scene every day! We need the bread. -Getting the money is not the problem, Harry.-What is the problem?
-I don’t know
-what I’ll have to do to get it.look…
-Baby…-we’ll be back in business in no time. We’ll start movin’ again, and we’ll start savin’. It’ll be perfect, just like it was. I promise, Marion. You’ll see.
-No, I’ve just, uh…I’ve had this flu forever, it seems like.

- Are you depressed?
- No, it’s nothing like that. I’ve been, uh…I’ve been really busy. Actually, I’ve been designing…non-stop.-Wonderful. Glad to hear you’ve been productive.
-To be perfectly frank, I was a little surprised to hear from you.
- Is there something wrong?
- No. Why?
- Well, it’s usually the case… from someone you haven’t heard from.
- Everything’s fine. »

Script issu de Requiem for a Dream

Ca aurait pu être moi, dans d’autres vies. C’est sans doute beaucoup d’entre vous. C’est l’antidépresseur au coin de la canine. Celui qui fait se sentir bien.

Ouvre la fenêtre. Respire. Laisse-la grande ouverte.

Il y a un monde en bas. A plusieurs.

3 Comments

  1. Ca me fait sourire et ça m’attendrit aussi (Pile mon humeur du jour) !

  2. Ivy chang:

    C’est beau et triste à la fois. Ce n’est pas le fait d’être seul qui fait mal, c’est de se sentir seul alors qu’on est entouré…

  3. y’a de ça. Et pourtant, juste prendre ce pas de recul. Et sourire. Et se dire que damn hell, que c’est bon d’être sans Lexo.

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