Cette semaine sur Tout Ca, on parle de la solitude, « l’état, ponctuel ou durable, d’une personne seule, c’est-à-dire d’une personne qui n’est engagée dans aucun rapport avec autrui. »
Paradoxal d’évoquer ce sujet alors que notre époque ne nous a jamais laissé aussi peu de temps à consacrer à notre personne ? Ou le boom du réseautage social n’est-il que le miroir d’Alice qui masque notre solitude ?
Si l’actualité ne l’évoque que trop peu, la solitude est pourtant devenue un « fléau », une pandémie contre laquelle il est difficile de lutter. Quatre millions de français avouent se sentir seuls, dont un tiers ont moins de 25 ans. On parle même de « nouvelles solitudes », liées à la tendance de l’hyper communication, qui prend bien souvent le pas sur l’intime.
Thème prisé de tout temps par les romanciers et poètes, la solitude s’invite aussi au cinéma. Dans Chatroom, Hideo Nakata met en scène des ados solitaires leurrés par l’amitié virtuelle, parfois au péril de leur vie. Si l’art sait évoquer la solitude, le politique ne s’en est pas encore saisi. Tabou ou ignorance ?
Alors la solitude, fatalité de l’existence ou quête impossible de l’autre ? Arrêtons de poser des questions et discutons en cette semaine, ensemble !

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La solitude peut être également tout à fait un choix. A une époque où l’on parle plus que volontiers de carrière, de progression et que finalement on se retrouve au sein d’un petit bureau (comme moi là maintenant), où l’on a la possibilité physique (par le biais de voyage) de rencontrer tout plein de gens, on fini par s’attendre à trouver la perle rare et se lasser de quelque chose que l’on a déjà (certainement des proches qui sont très bien).
Ce peut être simplement le choix de ne vouloir ressembler à son semblable, lui qui a son langage auquel on n’adhère pas, lui qui possède et qui propose des biens, des services, des qualités et des défauts que l’on ne désire pas. A une ère où la langue est en déliquescence, ou le contact est démoli par la vitesse, le stress, la violence verbale ou physique (dont on parle enfin), par le creusement de plus en plus appuyé entre génération (avez-vous essayé de comprendre quelqu’un qui a quatre ans de moins qeu vous ?), statut social et géographie, il faut bien avouer que certaines personnes pensent qu’on ne vit ni au bon endroit, ni à la bonne époque. Et que par fatalisme il faut bien accepter ce que l’on est : un vieux/jeune loup solitaire, préférant la présence de sa propre ombre ou de son reflet.
Allez, si vous avez un peu de temps et de coeur, lisez La nuit de décembre d’Alfred de Musset (oui, les solitaires aiment la poésie).