Chroniques radiophoniques #3 : Bernard Guetta, pan !

« 8h17, dans un instant Géopolitique avec Bernard Guetta… »

Ouf, on a les quelques secondes du « Point Route » de Rosny-sous-bois pour se préparer.
Dieu merci, ai-je envie de dire.

Car si le coucher n’a pas été trop tardif ni la nuit trop agitée, si le diner n’a pas été trop lourd ni la soirée trop arrosée, 8h17, c’est l’heure de vérité. Celle où après m’être extirpée de la chaleur de ma couette duvetée (100% plumes d’oie), j’arrive tant bien que mal devant mon miroir. Et là, il se passe de drôles de choses : Un, je constate les dégâts. Deux, Bernard Guetta surgit.

Et pendant 3 minutes, plus rien ne se passe. J’écoute Bernard Guetta, point.

De sa voix fragile et légèrement tremblotante, il nous narre les enjeux de ce monde. L’ONU, l’Iran, l’Afghanistan. La Chine, la Russie , le FMI… Spécialiste des relations internationales et de politique étrangère, il livre en 3 minutes chrono une chronique éclairée sur un pays, un conflit, une question de diplomatie. Chaque jour, on y apprend un point de vue sur le monde, le sien. Empreint d’optimisme et d’humanisme, trahissant volontiers ses penchants européens et parfois américains. Et du haut de notre ignorance géopolitique (sans doute ai-je séché trop d’amphis de relations internationales ?), on se dit qu’il voit juste.

Parfois aussi, vers 8h19, il nous fait un peu peur, Bernard.
Mon visage encore blême se crispe, mon cœur déjà agité palpite : sa voix tressaille, ses mots s’emballent, et on craint le pire… Mais non, il continue, se reprend, et sera là le lendemain. Ouf. Sans doute trop de cigarettes, Bernard ?

Son passé, que l’on sait militant et engagé plutôt (très) à gauche, l’a conduit, entre autres, jusqu’à la consécration journalistique (ou en tous cas décrétée comme telle) : il obtint en 1981 le prestigieux prix Albert Londres pour sa couverture de la naissance de Solidarnosc en Pologne. Il fut par ailleurs correspondant à Moscou, Washington, Varsovie, Gdansk, Vienne. Pour le Nouvel Obs, L’Expansion, France Inter.

Bref, Bernard Guetta, même s’il n’y parait pas, c’est un monument.

Ah oui, j’oubliais l’essentiel : Bernard Guetta est le (demi) frère de David Guetta. Si si.

Géopolitique, Bernard Guetta, chaque matin à 8h17 sur France Inter, évidemment.
A lire également le mercredi dans Libération sa chronique diplomatique en page Rebonds.

4 Comments

  1. Georges:

    Une petite Piqûre de rappel d’ »In girum imus nocte et consumimur igni » ne lui ferait tout de même pas de mal à son âge, rien de mieux pour éviter l’alzheimer et se souvenir de : « Son passé, que l’on sait militant et engagé plutôt (très) à gauche »…

  2. Kiyomi Delzongle:

    L’embourgeoisement nous guette (presque) tous, hélas.

  3. Ali Goté:

    Ma chère auditrice d’inter, je partage votre point de vu, nous avons tous la trouille à 8h17 mais il y a bien pire. Oui, chaque matin, plusieurs fois par heure, nous sommes tous otages ! Nos câbles (nerfs) se tendent comme une absolue nécessité de protection, mon bol de céréales en tremble, le chat de la voisine sursaute sur le rebord de ma fenêtre, ma cafetière siffle, le boulon de ma chaudière se déboulonne lorsque surgit l’infernal jingle pub de la GMF avant le point route, si utile par les temps qui courent…

  4. Kiyomi Delzongle:

    Cher auditeur,
    Je partage également votre horripilation.
    La noix de Grenoble et maintenant les dindes fermières de Loué nous agacent également profondément avant la météo.
    Mais notons que c’est un moindre mal au regard de ce que vivent les auditeurs des radios privées concurrentes.

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