Je ne sais pas vous, mais moi je n’aime pas trop parler de moi.
D’aucuns se complaisent à conter en long, en large et parfois tout de travers leur vie-tout-à-fait-passionnante : et les vacances à Bali, et les soirées au fond de son lit, et le mec croisé dans l’ascenseur et puis tous mes malheurs-non-mais-tu-te-rends-pas-compte… Non, moi je n’aime pas trop ça, vraiment. Merci quand même.
Moi, j’aime la discrétion, la dérision, la suggestion. Le mystère, aussi.
Mais au fait.
A force de « moi je » , n’en ai-je pas déjà beaucoup trop dit pour quelqu’un qui n’aime pas parler de soi ?
Et Facebook ? Et Twitter ? Et les blogs ? Et la télé ? Alors que le « moi » est au centre du jeu médiatico-social et alors que les écrans sont là pour masquer d’un voile opaque nos interlocuteurs passionnés, Tout ça se penche cette semaine sur le « moi je » de ses chroniqueurs. Entre égocentrisme démesuré et narcissisme assumé, entre « nous » et « vous », que reste-t-il de nos fragiles émois ? Et moi, et moi, et moi…
Bonne semaine !

2 Comments
« masquer d’un voile opaque nos interlocuteurs passionnés »
C’est beau.
Merci Tony, toi aussi.