Le narcissisme ne serait plus une pathologie psychiatrique

I AM, le groupe mythique de la planète Marseille, scandait dans une de ses chansons à propos d’une jeune femme de petite vertu :

« Dans toutes les situations, sans inhibition
Elle donne son corps avant son nom »

Quelques années plus tard, il s’avère que nos vertus à tous se sont enfuies vers d’autres cieux : avec Facebook et les réseaux sociaux, mon nom n’est plus qu’un identifiant te permettant à toi public de voir mes postures corporelles, visages, vies d’images.

Il y a peut-être encore une trentaine d’année, n’en déplaisent aux cul-nuls bohèmes des Seventies, ce genre de fichage consenti aurait sans doute fini par des pavés dans l’écran. Il ne semble plus en être de même ces derniers jours.

Un phénomène d’autant plus probant que selon le NY Times, la 5ème édition du Manuel Statistique et de Diagnostique des Troubles Mentaux (la référence américaine en pyschiatrie) qui sortira en 2013 vient de sortir de son référencement les « Narcissistic personality disorder« . En clair ma bonne dame, être narcissique n’est même plus extraordinaire : cela devient normé.

D’aucun de conclure qu’il s’agit presque d’un comble : un narcissique normé, voilà bien qui pousserait le talentueux Karl Lagarfeld à sombrer dans de nouveaux travers, luxe oblige. D’autres de prétendre que l’on pourrait enfin mettre une tarte dans la tête trop gonflée du narcissique sans que celui-ci ne puisse se réfugier derrière l’excuse de la maladie.

Un problème pourtant qui me dérange : si Narcisse sombra dans les eaux alors qu’il cherchait à s’étreindre lui-même (!), c’est bien ces milliards d’autres qu’on veut – excusez le terme- choper sur Facebook.

Quand le problème narcissique n’est plus individuel mais sociétal, on se prend à s’effrayer, peut-être, de relans d’idéologies de surhommes.

Sic.

1 Comment

  1. Charles:

    Sombrit ? Sombra… Sombre héros !

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