That’s all folks?

Consommer rend il heureux?
Bonne question du bac philo…
« Bien sur! » dit l’économiste. « Ca va pas… », dit le philosophe.
« Je vais vous mettre d’accord » dit le communicant. « Et si la pub permettait de faire le lien? »

Pour cela, posons nous la question: Quelle est la place de la pub dans la société?

Voix chantante des années 30: Au tout début ou presque, il s’est avéré nécessaire d’aider le consommateur à comprendre les produits: apprendre à ranger sa nourriture dans le frigidaire, à découvrir l’utilité des robots électroménagers dans la cuisine. « C’est formidable! » nous disait d’ailleurs Formica en 1958. Montrer comment on est heureux…grâce aux produits.

Dans la 2e partie du 20é siècle, il a fallu dépasser la fonctionnalité des produits face à des individus saturés. Et apporter une manière de catalyser la consommation d’un autre moyen. Cela a été d’explorer l’imaginaire: Grosquick de Nesquick , la fille à la « rose » dans Ultra Brite, Citroën et ses voitures amphibies, Nike et son odyssée urbaine…Carrie Bradshaw a parfaitement illustré ce chemin pavé de gloire et de mise en lumière: les fashionista ont gagné la gloire de leur mise en expérience…
La pub nous a offert de quoi repousser les limites de notre propre consommation. De quoi sublimer l’acte d’achat et surtout mettre en perspective un récit et un horizon. Ce fut le début de la brand expérience. Et la publicité éclairait son chemin, sa possibilité.

Puis la crise s’est dessinée, profonde, durable. Le choc entre deux blocs énormes: la paquebot de l’économie accélérée et la culture d’aspirations autres. Et la culture et les entreprises ont commencé à se disloquer.

La communication va t-elle pouvoir continuer à vendre des solutions éphémères? Va t-elle pouvoir glorifier une légitimité provisoire? Laurent Habib dans son dernier ouvrage parle de communication transformative via une nécessité d’accompagner le changement.

Peut-etre parce qu’il n’y aujourd’hui pas d’individus sans possibilités d’agir, de construire, de se relier.

1 Comment

  1. Tout l’art du marketing consiste en effet à créer l’idée du besoin… et on tombe, enfin « je » du moins, je tombe régulièrement dans le panneau…
    Je ne sais pas si l’aspiration à moins de consommation fait son chemin mais j’ai lu un article de la revue Poli qui évoque la question de la classe créative et des nouvelles consommations… Je l’évoque ici: http://rebekbek.typepad.com/blog/2011/01/europe-ecologie-et-classe-cr%C3%A9ative.html
    Ca fait plusieurs fois que j’entends parler du bouquin de Habib, je compte bien le lire.

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