« Nous déplorons, en plus de la corruption, une abolition totale de la liberté d’expression »

Depuis quelques heures, la Tunisie connaitrait une révolution démocratique. Célébration à la télévision, ou inquiétude sur la transition possible en cours, il s’agit pour Tout Ca Magazine de tenter de comprendre la situation en donnant la parole aux Tunisiens toute cette semaine. Avec des contributeurs anonymes ou non.La parole à Myriam Kasbi

Il était une fois un parti qui s’appelait le néo destour, né au début du XXème siècle avec pour mission essentielle la libération de la Tunisie . Des milliers de citoyens tunisiens adhéraient à ce parti au risque de leur vie. Il regroupait les figures phares de la tunisie (Habib bourguiba, Salah Ben Youssef, Hedi Chaker..) . Au prix de milliers de morts, même parmi les responsables de ce parti, l’independance fut acquise en 1956. Une nouvelle appellation lui fut accordé: PSD, ou Parti Socialiste Destourien, dirigé par Bourguiba . Parmi les accomplissements du PSD, citons l’abolition de la polygamie, la promulgation du statut de la femme (droit au vote, droit à l’avortement, lois sur le divorce…), la maîtrise de la démographie (planning familial). Trois combats principaux ont été menés sur les plans de l’éducation, de la santé et du logement.

Les excellents résultats ont fait de la Tunisie le leader parmi les pays émergents voire la situaient au rang des pays développés sur certains domaines. Le PSD a bati et construit la Tunisie, Bourguiba a été clairvoyant dans l’affaire de la Palestine (discours d’ariha) …. Bourguiba est mort sans un centime.

Ce développement s’est fait via un parti unique, à tort ou à raison. Une démocratie aurait pu s’installer plus tôt.

1987. Une nouvelle dénomination du parti : le RCD (Rassemblement Constitutionnel Démocratique). Malgré la corruption qui s’est installée progressivement mais sûrement avec le despotisme de Ben Ali et de sa femme, le parti a réussi, grâce à des hommes consciencieux et honnêtes et malgré les périodes de récession (à l’échelle mondiale) à réaliser une croissance moyenne allant de 3 à 6 %, avec une inflation maitrisée (infrastructures, réhabilitation de nombreux quartiers et villes, construction d’hôpitaux … ). La sécurité des tunisiens a été assurée et la menace islamiste qui sévissait chez les voisins, écartée. Cela a également fait du tourisme l’une des principales ressources du pays.

Nous déplorons, en plus de la corruption, une abolition totale de la liberté d’expression, un harcèlement et une oppression totale de l’opposition allant jusqu’à l’agression physique de certains compatriotes.

Le RCD a permit à la Tunisie d’atteindre le niveau de développement économique que nous lui connaissons aujourd’hui, malgré l’absence de ressources naturelles. Cela ne peut être remis en cause voire dégommé, au gré de la rue, du fait du comportement abject de mafieux qui avant 1987 n’ont jamais adhéré au PSD. Nous sommes en droit de demander l’exclusion de ceux qui ont sali ce parti tout en préservant les gens intègres qui ont servi la nation. Ceci ne peut être fait que par les membres du parti.

Nous rendons hommages à tous ceux qui sans vendre leur âme ont contribué au développement du pays malgré les pressions exercées par la « belle famille ».

Imaginons un instant qu’à côté de cette corruption tout le monde avait abdiqué. Quelle aurait été la situation actuelle de notre pays?

La démocratie tant souhaitée signifie que seules des élections libres et sous contrôle international peuvent décider du sort des différents partis et non le maintien du chaos. Finalement, seuls ceux qui craignent que l’issue d’élections transparentes soit favorable au candidat du PSD peuvent continuer les appels aux manifestations…

Myriam Kasbi

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