J’ai tué l’édito d’une mort violente. Une semaine sur la vie et la mort

94% des Français approuveraient qu’une législation permette l »euthanasie, même si 58% relativisent en mentionnant qu’ils seraient d’accord seulement dans certains cas. L’art de l’à-propos et du relativisme dépourvu de direction…

Une opinion battue en brèche par les Sénateurs qui viennent de vider de sens la proposition de loi ce matin.

N’empêche que la question de l’accompagnement vers la mort est l’un des révélateurs de nos sociétés. Dans son essai sur l’histoire de la mort en Occident, Ariès en arrivait à la conclusion que l’homme moderne refusait finalement sa propre mort…vidant en substance le sens de sa vie. Tu suis ?

Si la finalité n’est plus de « bien mourir » (Neruda fait par exemple une fixation – partagée – en se demandant si à son chevet il pourra se dire « j’avoue que j’ai vécu »), la question de l’euthanasie pose 2 nouveaus axes :

  • mieux mourir mais vers quoi ?
  • se couper non volontairement pour toujours de son lien à la société des hommes, mais alors qui se prend pour Dieu ?

Refuser les lois spirituelles, une apologie de l’individualisme ? …autant de débats sur lesquels je ne sais finalement pas trancher. Si ce n’est qu’au fond, ce qui m’importera, c’est de mourir dans une certaine dignité. Et surtout que les autres aient accès à cette même décence, à cette même justesse. N’empêche que je tourne toujours la tête à Saint Lazarre devant le clochard du coin en train de se crever dans le couloir de la ligne 13.  L’euthanasie alors, un problème de riches ?

En attendant, j’ai décidé de tuer cet édito d’une mort violente. Après tout, c’est mon droit à disposer de mes lignes de vie, ici.

Une éducation à sang unique.

3 Comments

  1. La peur de légiférer sur l’euthanasie, de vraiment oser le débat… je vois à l’horizon les élections de 2012, un électorat âgé de plus en plus important et un Président qui ne voudrait pas choquer son futur électorat?

  2. Isabelle Nicolas:

    Pourquoi tout légiférer ? Surtout les questions d’éthiques. La loi peut la permettre mais aideras-t-elle à prendre la décision et qui la prendra? et qui la portera? l’équipe médicale ou la famille ?

    Et on a le droit de se tromper, de vouloir mourir car « la douleur et la déchéance » sont de l’ordre de l’insupportable, mais quand la douleur est soulagée, quand la main qui aide est bienveillante, il reste la vie à laquelle chacun s’accroche.

  3. @Isabelle bien d’accord sur le gap entre volonté d’une société (voire d’une communauté) et choix personnels. Le problème étant qu’au-delà d’une loi, c’est peut être effectivement une vision commune qu’on doit chercher à construire.

    La mort est l’un des rares refuges absolus de nos volontés. La société a lutté pour réduire par exemple le taux de suicide, l’anomie. J’imagine que dans une logique politique, accepter l’institutionnalisation de la mort est antithétique avec les développements contre la peine de mort notamment.

    il nous faudrait un historien là, en fait :)

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