En mode « LoHa Failover »

Thématique intéressante dans « Tout ça cette semaine »: vous avez remarqué comme tout s’embrase, tout se cristallise d’un coup? D’un pays à un autre, on met des gouvernements dehors. D’un quartier  à un autre, on sent la tension (palpable) entre les habitants et leurs voisins. Même les marques de haute couture, références de l’élégance, sont entachées par la haine. Mon dieu, assisterait on à un « hating flow »?

Quid?

Beaucoup d’observateurs ont paru surpris du soulèvement tunisien. Si les fondamentaux expliquent aisément ce processus, peu pariaient sur un changement à court terme (à part Emmanuel Todd éventuellement). La cristallisation négative peut donc s’effectueur rapidement. Le passage à l’acte s’effectuant avec une coalition rapide des opposants grâce notamment aux systèmes d’information.
La montée de l’extrême droite en Europe est régulière. Mais, on n’imagine pas non plus à quel point cela pouvait devenir tendance…Des chroniqueurs se font condamnés par la justice pour incitation à la haine raciale, et se font ovationnés par des membres politiques au pouvoir. Le trend a donc franchi un cap et s’installe en tendance. Ces évènements témoignent d’un effet de balancier possible dans les relations sociales, avec une brusque remise en question possible et repoussoir fort d’une entité qui cristallise les humeurs.
Même les marques ne semblent pas à l’abri de ce genre d’opprobre…
La crise mondiale et les sacrifices consentis par les populations ressentent de fortes frustrations. Face à l’excès d’effort, les individus développent des allergies au manque d’effort perçu d’autres populations.
L’atomisation des sociétés dans la mondialisation, et les individualisations accélérées ont produit un déficit de lien social, qui a du mal à se penser de manière adulte. Les caprices relationnels sont le signe de la “now génération”, qui se retrouvent autour d’un axe binaire “amour-haine”…
Les populations occidentales se sont habituées à une satisfaction rapide de leurs besoins. Le développement des TIC ont alimenté une aspiration au “tout de suite, maintenant”. Ainsi, les mouvements collectifs prennent de l’ampleur. A ce titre, les flash-mobs ont indiqué le retour du collectif dans les signaux faibles de société. La volonté de faire quelque chose en commun se croise avec l’aspiration à une action visible dans la société, même éphémère.
C’est, selon le philosophe Paul Virilio, le résultat d’un phénomène médiatique  de synchronisation de l’émotion. Depuis 2001, chaque année voit un évènement planétaire alimenter une émotion partagée au niveau mondial (11 septembre, Tsunami, mort de Jean Paul II, mort de Michael Jackson…). Cette synchronisation déboucherait sur des humeurs à la fois connectées et se propageant comme une réaction en chaine.
L’hyperaffectivité des publics se développe et tend vers un basculement d’un sentiment positif (amour) à négatif (haine), qu’on pourrait appeler « LO(ve)HA(te) failover ».
Le gremlin, avenir du monde? Affaire à suivre…
(Crédit photo: Biotron – Flickr)

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