Limited citizenship ?

Faut il vraiment voter pour donner le pouvoir aux citoyens? Et si la réponse était non….?

L’actualité est à la montée inexorable du FN et aux « semblants de décence citoyenne ». Si le seul vote mobilisant est celui pour ou contre le FN, c’est l’indice d’un problème sérieux. Surtout, s’il s’agit d’un vote d’adhésion, comme dit Laurent.

Quelles seraient les raisons?

  • on a affaire à des professionnels de la politique, qui n’intéressent plus grand monde
  • la mondialisation est synonyme de dégradation et d’inégalité, donc une partie de la population demande une contre-offensive
  • la concurrence est organisée entre les citoyens, mais peu (ou pas) entre les élites, ce qui produit une exaspération de plus en plus grande…

La majorité de la population semble hostile au FN, mais reste peu mobilisée (ou de moins en moins). Assiste-t-on de plus en plus à une « citoyenneté limitée », qui ne s’exprimerait que quand le droit de vote est en danger? A voir l’enthousiasme pour les révolutions arabes, c’est bien de l’accès au vote que les médias et les spectateurs sont friands… pas pour le contenu du vote.

De plus en plus, les électeurs se désintéressent du vote pour cause de recherche de travail, de lutte au quotidien, de scepticisme étendu… Pourquoi faire? Pour agir au quotidien? « Pas sûr », semble faire remonter les études d’opinion…
Le FN devient de plus en plus tolérable parce que 1/ Rien ne change. 2/ Quand on crie au danger du pire, sans que rien ne change au quotidien, on finit par y adhérer pour susciter un vent nouveau, pour que l’espoir du changement ne disparaisse pas. Un psychologue dirait que c’est ce que font tous les enfants.
Mais alors, sommes-nous enfants, nous, les citoyens adultes? (pause)

Infantilisés par les politiques, sûrement.

D’abord, la participation des citoyens n’est pas facilitée. Toute structure politique majeure est verrouillée comme une entreprise dans laquelle il faudrait grimper échelon après échelon et jouer de la servilité avec son supérieur. Les professionnels de la politique ont clairement la main.

Ensuite, les modifications de société sont essentiellement cosmétiques et sont basées sur le statut quo. Alors que des changements majeurs sont simples:

  • la création monétaire publique au lieu d’investissements privés (voir ici, l’explication est simple: si la création de monnaie était publique, il n’y aurait pas d’intérêts de la dette, principal poste du budget de la France).
  • un décret précisant que les grands biens et services sont hors marché: énergie, éducation, santé, banque… (ça fait très old school, car programme du CNR, mais pas plus que la démocratie et les droits de l’homme…) afin de relancer le pouvoir d’achat et la compétitivité de la France
  • une priorité sociale et fiscale donnée au capitalisme coopératif clairement définie
  • un plan stratégique valorisant l’économie verte (et pas de l’habillage marketing)

etc

Et le citoyen dans tout ça? Soyons fous et donnons la parole à Etienne Chouard, professeur de droit et figure du Net depuis 2005 (voir la video sur Agoravox) : « Pour redonner le pouvoir au peuple, les grecs avaient employé un moyen très simple: le tirage au sort. Ce système permettait à des gens inconnus mais efficaces et bien intentionnés de gouverner. Certes, parfois des incompétents ou mal intentionnés étaient élus, mais le système se viabilisait avec des mécanismes de contrôle (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, hors l’élection en elle-même). Et le tirage au sort limitait la professionnalisation des élus. Cela peut paraitre surprenant, mais l’élection change de moins en moins la donne. » Etonnant? Pas tant que ça. D’un point de vue philosophique, « les gens qui veulent le bien, l’intérêt général, sont écartés de la course à l’élection. Le bon, le juste ne veut pas le pouvoir. Les élections donnent le pouvoir à celui qui le veut le plus (ce qui est terrible). Mais avec tout un système de surveillances des élus, les grecs ont réussi pendant 200 ans à donner le pouvoir aux citoyens. »

Comme dit l’autre, à méditer…

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