Des nouvelles sources de financements pour les journalistes…

Trouver des financements, c’est devenu une prise de tête pour la grande majorité des reporters. Et oui, pour ceux qui ne le savaient pas encore, l’âge d’or du journalisme est bel et bien enterré! Fini l’époque où au moindre évènement, les rédactions envoyait ses journalistes à l’autre bout du monde. Alors vous imaginez, pour un sujet plus magazine, ou pour un documentaire… 

Il a bien fallu s’adapter, et trouver de nouveaux moyens pour continuer à partir, à produire… Et ne pas y être de sa poche… Exemple avec notre collectif, Views Co.

Première solution : partir avec une Organisation Non Gouvernementale. C’est le choix fait par Xavier Bourgois. Il est parti il y a quelques mois au Proche et Moyen Orient avec Handicap International. L’avantage ? L’ensemble du voyage a été pris en compte par l’ONG.

Mais : les budgets des ONG, crise oblige, sont en baisse. Il est donc plus difficile aujourd’hui de partir avec ces structures. Deuxième inconvénient, moins de liberté pour faire des reportages…

Deuxième solution : tenter l’aventure du Crowdfunding, le financement participatif… L’option choisie par Marianne Rigaux, pour son web-documentaire « Paroles d Roumains ».

Financement participatif, kesako?

Vous avez sans aucun doute entendu sur les ondes les balades de Joyce Jonathan ou celles de Grégoire, des chanteurs produits par My Major Company, qui permet aux amateurs de musique de soutenir un artiste.  

Ca marche aussi pour la littérature, pour le cinéma… 

 Le concept vient des Etats Unis, et ça n’arrête pas de se développer. On peut de nos jours financer ses projets, il faut cependant convaincre les investisseurs privés…

Les auteurs de « Paroles de Roumains » ont choisi la plateforme Kiss Kiss Bank Bank, car ce site de collecte de fonds a fait ses preuves :  

« Nous avons choisi ce dernier car le webdocumentaire Paroles de conflits de Raphaël Beaugrand avait réussi à lever ainsi 18 000 euros. Nous avons donc déposé notre projet avec pour objectif de réunir 2 000 euros en 60 jours (soit avant le 18 juillet). »explique Marianne  Mais ce n’est pas si facile :

« La durée maximum d’une collecte est de 90 jours. Il faut atteindre la somme visée pour l’obtenir (si on ne lève que 1 000, on ne touche rien…). Pour les donneurs, le don n’est débité que si la collecte atteint son objectif dans le temps imparti. Les donneurs reçoivent en échange des contreparties, symbolique ou de valeur égale au don si possible. »

Alors pourquoi ce choix?

« Pour nous c’est clairement après avoir fait le constat que les subventions « classiques » (Scam, CNC) étaient très difficiles à décrocher sur un 1er projet de webdocumentaire à 24 ans… Réunir 2 000 euros en crowdfunding, c’est un défi qui sur lequel nous avons les armes, au contraire des financements classiques : il faut buzzer, communiquer, faire chauffer les réseaux sociaux, mobiliser sa communauté de fan. C’est quelque chose que nous pouvons faire à notre échelle, contrairement à des dossiers complexes qui n’aboutissent pas. Et puis il y a un côté très jouissif à se sentir soutenus par des internautes lambda, par des inconnus, par ses amis, sa famille, tous ces gens qui croient dans le projet… Bien sûr 2 000 euros ne suffiront pas, mais avec 2 000 par ci, 2 000 par là, on y arrivera! »

Du donnant – donnant pour soutenir des sujets qui peuvent tenir à coeur les internautes.  

Des plateformes plus spécifiques à l’info sont en train de voir le jour. C’est le cas du site glifpix.fr qui permet de soutenir financièrement une idée de reportage, directement inspiré du modèle américain spot.us

Certains sites se spécialisent, c’est le cas d’Emphas is, dédié aux projets de photojournalistes ou encore  jaimelinfo.fr (lancé par Rue89) qui lui s’adresse uniquement aux sites d’information.

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